Conformément au Grenelle de l’environnement, toutes les constructions neuves devront produire plus d’énergie qu’elles n’en consomment à partir de 2020. C’est le concept de bâtiment à « énergie positive », que Bouygues Immobilier met en œuvre dans la construction du premier immeuble de bureau de ce type à Meudon (92). Le «
Green Office », qui doit sortir de terre en 2010, permettra «
d’établir les standards des bureaux de demain, et de nous positionner avec dix ans d’avance comme le promoteur référent dans ce domaine », explique François Bertière, PDG de Bouygues Immobilier. Ce dernier annonçait vendredi dernier la création du Groupement d’intérêt économique (GIE) « Enjeu énergie positive », réunissant autour de Bouygues Immobilier sept entreprises
(1) spécialisées dans l’exploitation des immeubles de bureaux.
Rendre les bâtiments à énergie positive compétitifs
Ce GIE doit fédérer les efforts de R&D des différents acteurs autour d’un objectif commun : réduire toujours plus la consommation d’électricité des futurs bâtiments et améliorer leur capacité à produire de l’énergie d’origine renouvelable. Ce, afin de «
rendre les bâtiments à énergie positive plus compétitifs sur le plan économique. Pour que le coût global pour l’utilisateur reste identique, il faut que le surcoût de la construction, donc du loyer, soit compensé par la baisse des charges énergétiques », explique Eric Mazoyer, directeur général délégué de Bouygues Immobilier.
Des gains en termes d’efficacité thermique et de production d’énergie pourront bien sûr être obtenus au sein du GIE par les progrès technologiques dans l’isolation, les matériaux, le pilotage informatisé des consommations, le rendement des panneaux photovoltaïques, l’éclairage, etc.
Changer les comportements
Mais comme le souligne Eric Mazoyer, «
on a déjà fait des progrès considérables dans ces domaines. Les immeubles que l’on livre aujourd’hui consomment en moyenne 240 kW/m2/an. Or, dès 2010, le Green office consommera 60 kW/m2/an, soit quatre fois moins. On peut encore gagner avec la technologie, mais on pense qu’il existe beaucoup de gisements dans l’aménagement des espaces, une bureautique adaptée, et de nouveaux usages. » Ce dernier point est un des grands enjeux du GIE. Car disposer d’une technologie environnementale de pointe ne sert à rien si son utilisation est inappropriée. «
Les systèmes électroniques de gestion du bâtiment sont souvent complètement déréglés au bout d’un an. En moyenne, ils ne sont utilisés qu’à 30 % », indique-t-on chez Siemens Building Technologies, membre du GIE « Enjeu énergie positive ». « I
l faut inciter les locataires à adopter des comportements d’usage à long terme. Et pour ça, il faut mettre à leur disposition des outils simples. L’une des finalités du GIE, c’est de développer la capacité des acteurs à garantir qu’un bâtiment à énergie positive le sera sur le long terme, et pas juste au moment de sa commercialisation. Le succès de notre business model en dépend largement », estime Eric Mazoyer. Bref, il n’y aura pas de bâtiment à énergie positive sans une « positive attitude ».