Développer une nouvelle génération de adaptables aux besoins spécifiques des PME : telle était l’ambition du projet européen SMErobot™, lancé en 2005. Les conclusions du projet, achevé en mai 2009, viennent d’être compilées et publiées dans un rapport intitulé « Des robots pour les PME : sécurité collaborative et intégration des robots dans les PME ». « Alors que les grandes industries disposent de robots pour la fabrication en grande série et l’augmentation de la productivité de chaque tâche, les PME réalisent une grande variété de petites tâches pour lesquelles elles ne peuvent se permettre d’acquérir des robots dédiés » explique Jean-Yves Benaiteau, chef de projet du CETIM (Centre technique des industries mécaniques), seul partenaire français du projet SMErobot™. Porté par le Fraunhofer IPA (Institut für Produktionstechnik und Automatisierung) et réunissant une quinzaine de partenaires européens (1), le projet a reçu des financements européens à hauteur de 14 millions d’euros (75 % du coût) et des partenaires du projet à hauteur de 6 millions.
Quatre démonstrateurs
Trois axes technologiques ont été développés : la capacité à dialoguer avec l’homme, l’interaction sécurisée entre l’homme et le robot et la capacité de déploiement en trois jours (concept du « plug and produce »). « Certaines des briques technologiques existaient déjà. Le défi était de les mettre en œuvre dans les cas d’application qui sont le quotidien des PME » précise Jean-Yves Benaiteau. Plusieurs caractéristiques ont ainsi été développées. Les robots sont par exemple capables d’« apprendre » des manœuvres par guidage humain et de les reproduire. Une série de caméras et de capteurs 3D les aide à identifier les pièces. Ils peuvent aussi intégrer des données CAO (Conception Assistée par Ordinateur) permettant une commande des robots sans intervention humaine. Côté sécurité, des capteurs permettent d’éviter les collisions entre l’homme et le robot, rendant inutiles les grilles de protection entourant généralement les robots industriels. Au total, quatre démonstrateurs principaux ont été mis au point pour les secteurs de la fonderie, de la forge, de la soudure et du bois.
Organisation, qualité et industrialisation des postes
« Une centaine de PME européennes, dont une vingtaine en France, ont été associées au projet pour le développement des applications » commente Jean-Yves Benaiteau. « Il est ressorti de cette collaboration qu’en première intention, les PME n’attendent pas exclusivement des robots des gains de productivité. Plus souvent, elles plébiscitent plutôt l’amélioration des conditions de travail ou la reproductibilité de pièces de qualité. Les robots leur permettent également de pallier les difficultés de recrutement ». Le triptyque organisation, qualité et industrialisation des postes est donc un facteur important d’intégration par les PME. Le modèle économique (cycle de vie, choix entre la mutualisation la location ou l’achat) occupait également une part des réflexions liées au projet. « Dans leur majorité, les PME garde une vision du robot destiné aux grandes séries. Un travail d’information est nécessaire pour faire comprendre le potentiel des robots. Ils amènent par exemple une capacité de production supplémentaire ou encore une amélioration de la qualité qui peuvent entraîner de nouveaux marchés ou fidéliser les clients » conclut Jean-Yves Benaiteau.